![]() |
![]() |
12 m JI |
![]() |
Guy Ribadeau Dumas dessine et supervise la restauration de VANITY V, le dernier 12m J.I. et le dernier grand bateau de course dessiné et construit en Ecosse par William Fife. C'est le chef d'oeuvre du plus mythique parmi les architectes navals
MISE A L'EAU DE VANITY V LE 14 JUIN 2000, PREMIERS ESSAIS LES 17 ET JUIN.
Les photos de la mise à l'eau |
Photos de Philip Plisson |
|
Revue Bateaux - Septembre 1998 |
Mars
1999
|
VANITY V a été commandé par John Payne pour participer à une période très active de la régate en Angleterre.
Les 12 m J.I. étaient la plus grande classe avec de bateaux de plus de 20m. A Cowes sur l'Ile de Wight, ces compétitions rassemblaient chaque année une douzaine d'unités prestigieuses. Louis Bréguet y participait avec DORIS.
VANITY V restera dans ces eaux. Racheté après la guerre par Sir William Shawcross puis Michael Boyle, il restera parfaitement entretenu et avec quelques modernisations participera aux entrainements de Sceptre pour l'America's Cup 1958. A cette époque, Michael Boyle possédait également VANITY, premier du nom. La défaite de Sceptre marquera la fin de l'activité de la flotte de 12m en Grande Bretagne. VANITY V est alors transformé en yawl et emménagé pour la croisière en 1963. En 1964, deux nouveaux 12 m identiques sont construits pour conduire les entrainements avec deux bateaux modernes. Ce sont SOVEREIGN et KURREWA.
Acheté par la famille Prouvost, industriels du nord de la France, il est rebaptisé LA PINTA II et part en Méditérranée. VANITY V régate encore à la Nioulargue au début des années 90. Madame Prouvost projette alors de le faire restaurer et VANITY V est transporté sur camion à St Malo où il restera quelques années.
Ce projet est repris par de nouveaux propriétaires et les travaux sont confiés au chantier du Guip à Brest sous la direction d'un spécialiste de ces bateaux. Parmi les dix 12 m J.I. de William Fife construits entre 1923 et 1936, VANITY V sera le seul encore à flot. ZINITA est restauré en Hollande mais est transformé pour la croisière et MIQUETTE attend une restauration en Grande Bretagne. Parmi les sept restant, deux ont été détruits en France et aux antilles . L'on est sans nouvelles des cinq autres.
La jauge Internationale
rassemble une activité discrète et reste liée à
des propriétaires prestigieux tels Ted Turner, Marcel Bich, Louis
Bréguet, Sir William Burton, Philippe et Edmond de Rothschild et
encore aujourd'hui Son Altesse le Prince Albert de Monaco, L'agha Khan,
le Roi Juan Carlos d'espagne, Olav de Norvège, Jean Rédélé
...
VANITY V a été cosntruit en 1936. Soixante ans plus tard il nous est parvenu en grande partie intact, mais transformé pour la course croisière. Au contraire de nombreuses bases de restaurations, il navigue encore bien . La coque et la structure de pont sont d'origine.
C'est important à deux titres : la coque d'excellente facture vaut d'être restaurée. Les éléments sont encore présents pour refaire à l'identique ce qui doit être remplacé.
L'esprit de cette restauration est le même que pour une voiture de course ou un avion des années 30. VANITY doit naviguer comme au premier jour et retrouver tout son potentiel de performances.
Chaque pièce a été analysée et remplacée à l'identique si une restauration ne permettait pas de lui rendre les qualités d'une neuve. Si l'on ne peut jouer Mozart uniquement avec des instrument d'époque et si le Maître a disparu, l'essentiel est d'interprèter ses partitions le plus fidèlement possible.
VANITY V constitue une grande première. C'est la première restauration effectuée sans contreplaqué et sans soudures. La structure bois est en massif et les assemblages de la structure acier sont rivés, sans soudures.
C'est l'esprit de la restauration d'un meuble d'époque et l'ame d'une machine de course. Les seules modernisations visent à faciliter la maintenance. Les bordés de coque sont collés pour améliorer la rigidité, assurer une étanchéité parfaite et ne pas avoir à refaire la peinture chaque année. Les voiles et le gréement utilisent des fibres sinthétiques. Les anciens tissus en coton Jumel d'Egypte ont disparu à jamais avec leurs problèmes d'entretien. Les cables restent en acier mais sont inoxydables. Un moteur a été installé sous les planchers sans nuire aux performances. Il est très léger et placé de façon à contribuer au lest. Par le biai d'une transmission hydraulique, l'hélice repliable est dans une zone où elle ne cause aucune perturbation.
Plusieurs modernisations apportées à VANITY entre 1936 et 1960 ont été réadaptées . Un foc génois pour améliorer les performances dans le petit temps et un gréement plus performant pour soutenir cette augmentation de voilure. Le gréement de VANITY était mal conçu, ce qui causé un démâtage la première année. Le nouveau gréement reprend des concepts plus légers et plus fiables déja mis en oeuvre dans les années 30 sur d'autres 12m. En dehors de ces quelques adaptations nécessaires, les plans d'origine et les méthodes de l'époque ont été scrupuleusement respectés.
Les 12 m J.I. sont
encore de nos jours une classe active autour de deux pôles d'activité
: Newport aux Etats Unis et la Méditérranée en France
et en Italie. Les régates rassemblent une dizaine d'unités
de chaque coté de l'Atlantique. C'est la raison pour laquelle la
sauvegarde des performances est essentielle. Ces bateaux sont comme les
voitures de course et les avions de la même époque. Ils représentent
un sommet accessible dans un art que le progrès n'a pas su remplacer.
Les multicoques sont comme les jets : plus rapides. VANITY V est à
la régate ce que la Ferrari GTO est à la course automobile
ou le SPITFIRE à l'aéronautique. Les 12 m J.I. resteront
les plus beaux bateaux de régate de ce siècle et VANITY V
est le chef d'oeuvre des bateaux conçus pour des propriétaires.
![]() |