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Le 10/01/2000 Echec et mat |
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3D |
DEFI
VIRTUEL POUR L'AMERICA'S CUP
3 Octobre
1999
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Présente
dans l'America's Cup depuis 1971, la France n'a jamais été
en position de remporter les éliminatoires préalables. L'architecture
navale est un élément prépondérant dans cette
compétition. Chaque fois, l'équipage n'a rien pu faire pour
sauver un bateau très en retrait par rapport aux meilleurs.
Cela
ne représente pas le niveau des technologies et de l'industrie nautique
françaises.
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La
dernière défaite à San Diego
a été lourde. Deux bateaux différents étaient
largement surpassés. Un architecte naval gardait une position de
monopole depuis plusieurs défis. Chaque remise en question ou proposition
amenait invariablement la même réponse : c'est un défi
privé. Les pouvoirs publics étaient néanmoins sollicités
et finançaient largement sans qu'il soit possible d'évoquer
un appel d'offre. Ce faisant, les bateaux des victoires françaises
dont on parle : ceux des Peyron, de Bourgnon, des transats, des tours du
monde en solitaire (Vendée Globe et BOC), des mini-transats, du
Fastnet, du Jules Vernes, du record du monde de vitesse, des championnats
du monde et d'Europe en 8m J.I. ... sont conçus par des architectes
navals et des ingénieurs exclus de l'America's Cup.
Depuis
San Diego, une large remise en question a eu lieu.
Le Premier Ministre a confié à Jean-François DENIAU
une mission parlementaire. Trois défis se sont présentés
pour l'an 2000. YAKA est seul à avoir trouvé un financement
minimum. Après la déroute du "défi privé",
la communication portait sur l'ouverture et le rassemblement. Je me suis
présenté
en proposant de fournir et financer une étude pour les évaluations
numériques et une maquette à passer en bassin de carène.
La
réponse était favorable, mais transmise à la hiérarchie
et reportée à des décisions ultérieures. Lors
d'une entrevue difficilement obtenue six mois plus tard, c'était
accepté. Le C.R.A.I.N.(1) devait envoyer un protocole
pour entériner l'accord et ne l'a jamais fait. Il y a bien une équipe
architecturale, mais elle est tirée des précédents
défis. L'on m'a fait comprendre que le progrès ne pouvait
naître que de l'expérience de la défaite. Le C.R.A.I.N.,
très impliqué à San Diego, est seul responsable de
l'étude du nouveau bateau. Il a constitué le "YAKA design
team" pour concevoir 6° SENS. Une communication insistante cache la
réalité : la France qui gagne n'en fait pas partie.
6° SENS est étroit. En dehors de cela, les options des précédents défis français ont été reconduites. Il n'y a rien de nouveau et rien à cacher. Le gros arrière est la partie apparente d'une mauvaise répartition des volumes de carène. VILLE DE PARIS était proche du bateau Italien, sauf la quille. C'est ce modèle qui réapparaît sur 6° SENS. Le bulbe a les bouts qui tombent, entre autres effets secondaires cela ne permet pas d'ajouter des ailettes efficaces. Elles sont remplacées par des nageoires... Ce sont des choix que l'on a peu de chances d'observer sur les autres bateaux. Le pronostic pouvait être fait à la mise à l'eau.
DAUPHIN
est
très différent. Cela ne prouve rien, mais cette opposition
montre le potentiel qu'il y aurait eu à solliciter d'autres ébauches
et argumentations techniques. Ce concept a été créé
avant le dernier défi. Plutôt que de rester indéfiniment
sur disque dur, il naviguera sur le web. Les caractéristiques sont
suffisamment précises et définies pour constituer un modèle
déposé. Avant les premières épreuves de sélection,
c'est un pari lancé sur les résultats et les tendances à
venir.
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DAUPHIN |
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Ce projet veut exprimer la curiosité, la vitesse, l'agilité et l'entente de ces bandes de dauphins qui ne manquent jamais de faire un détour pour venir nous voir en mer. J'ai eu la chance d'être équipier ou collaborateur de plusieurs vainqueurs de L'America's Cup (2). Ce sont des gens très accessibles, compétents et organisés. En France, ce n'est pas si simple. Les derniers défis français ont été montés par des régatiers de haut niveau formés sur des monotypes. Ils ne sont pas habitués au choix d'un architecte naval. Ils ne comprennent pas leurs techniques. Le hasard des relations et des intrigues remplace la méthode. Quand ils découvrent le potentiel du bateau, il est trop tard. Ma tentative de collaboration avec YAKA confirme qu'il s'agit d'une chasse gardée. Le " Design Team" affirme avoir évalué cent carènes pour élaborer "l'arme absolue". Mais il n'a pas voulu être confronté à une seule carène venue d'ailleurs. On peut rater une cible avec cent cartouches. Avec une seule, il faut bien ajuster son tir.
Guy
Ribadeau Dumas.
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Longueur hors tout
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Ces chiffres répondent à un règlement (jauge) destiné à mettre les concurrents au même niveau de performances. Tout l'enjeu consiste à définir la combinaison gagnante et à optimiser l'ensemble. C'est autant d'options et de détails invisibles que ceux qui font la différence en Formule 1.
Globalement, ont été recherchés :
La longueur, la finesse (au sens aéronautique), un poids de coque minimal et un lest maximal. Le tout pour des performances optimales en cap et vitesse au près pour se maintenir au portant. La contrepartie est une faiblesse dans les manœuvres rapprochée à cause d'évolutions plus lentes et un bateau encombrant. En dehors de ce concept général, des études non présentées portent sur :
Le profil du voile de lest, sa mobilité, sa structure et ses déformations sous contrainte.
Un allégement et une meilleure fiabilité de la structure portant le gouvernail.
L'ensemble bulbe/ailettes.
Les formes arrières,
pour tirer parti d'un élément de jauge négligé
jusqu'à présent.
(1)
Centre de Recherche pour l'Architecture et l'Industrie Nautique.
(2)
Bob Mac Cullough (barreur et manager), Bill Ficker (barreur), Steve Van
Dyck (tacticien), l'Equipage d'Australia 2 et Doug Peterson (architecte
naval).
Galerie en 3D
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